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[Interview de Mylène Benoit, juillet 2005 - vidéo au format real]

Pièce chorégraphique pour trois danseuses et un environement interactif

Notre corps et les formes subjectives de son incarnation sont engagés dans un processus historique de changement qui s'articule avec l'apparition de nouveaux types d'images : l'image perçoit, apprend, se comporte, agit. Les images ne sont plus faites pour être vues, mais pour être enchaînées avec des actes. On assiste à une projection de la gestualité et du corps dans l'image numérique interactive. Le corps contemporain se prolonge et s'abîme dans et par l'image. Il est médiatisé, “déterritorialisé”, modélisé. Effet Papillon, le projet de création 2006 de la Cie Contour Progressif/Mylène Benoit convoque l'univers du jeux vidéo pour interroger la relation de puissance entre le geste et l'image interactive dans les univers de réalité virtuelle. Dans le cadre de l'accueil en résidence à Montbéliard, la compagnie proposera une présentation du travail en cours à l'occasion du festival Intrusions. Il s'agira d'une expérimentation in situ des dispositifs techniques et des recherches chorégraphiques actuelles, dans le parking de la CAPM. « Le virtuel est spectacle, permettant d'évoluer sous un mode d'existence analogique, dans un univers devenu éminemment fiable, jusque dans ses pires dangers. (…) Marque d'une contradiction logique fascinante autant qu'inquiétante, le virtuel propose un mode d'existence sans existence, mais aussi à l'inverse une inexistence modalisée et modélisée, et par là même existentiellement effectuée». Gilles Benham Dossier et vidéo de présentation du projet : www.contour-progressif.net

L'investigation chorégraphique

« Dîtes que mon corps est matière, dîtes qu'il est image, peu m'importe le mot ». Henri Bergson

La création confrontera la danse aux représentations du corps dans les jeux vidéo pour questionner la persistance en Occident de l'image d'un corps idéal, qui s'oppose au corps sujet et à l'expérience même de la danse. La première étape du chantier chorégraphique consiste en une phase de reproduction rigoureuse des gestes des personnages, pour repérer les chemins d'animation, les ruptures d'intensité, les simplifications et les interprétations du geste nécessaires à la modélisation des avatars. Ce travail d'étude est la promesse d'un phénomène d'incorporation des physicalités propres aux aventures virtuelles (alerte, danger, urgence, action décisive, réussite ou échec de l'action, réversibilité, débrayages temporels...). Dans un monde sans risque et dans le déni obsessionnel du danger, de la responsabilité, de la mort, le combat sanglant du jeu vidéo est une compensation refuge à la pulsion de mort. Combat contre rien, combat contre les images ou contre la machine, dans le vide, une façon hygiénique d'exulter, de risquer sa vie et de transférer l'agressivité... Les coups de pieds circulaires, parades, lancers kung-fu et autres passes de karaté ascensionnel seront pétris, étirés, modelés pour générer une activité imprévisible, déshumanisée, virtualisée. La réduction (par ralentissements, étirements, séquençages) de ce vocabulaire permettra de faire apparaître, au devant de la vibration d'un résidu d'image, des activités corporelle nouvelles, jamais vues, prises dans les devenirs-virtuel du corps : il s'agit de créer les conditions d'une d'aspiration des images dans les corps, comme si ces aventures fantastiques avaient lieu dans les corps mêmes, dans leurs architectures, et que l'activité en surface, somnambulique et opaque, était la manifestation “utile” de ces agitations intériorisées : des corps se débattant dans et contre l'espace, en eux-mêmes, en s'assimilant virtuellement des puissances et les intensités adverses.

Scénographie

Le dispositif scénographique propose de subordonner l'espace - les images - au déplacement des corps au plateau pour favoriser l'émergence d'une écriture chorégraphique issue de la rencontre kinesthésique entre la danse et l'image interactive. Le dispositif scénographique, sorte d'écosystème, système existentiel ou espace problématisé - environnement “virtuel” en images numériques interactives - donnera au corps une autorité sur l'image et sur la représentation de l'espace : il s'agira de scénariser la variabilité de l'espace scénographique pour constituer une scène autonome, cause et moteur de mouvement, une altérité, un interacteur.

Equipe

Mylène Benoit, plasticienne, vidéaste et chorégraphe, crée pour la scène dès 1999 à Paris, puis au Fresnoy, Studio national des arts contemporains de Tourcoing ou elle est artiste-résidente d'octobre 2001 à juillet 2003, date à laquelle elle crée la Cie Contour Progressif. Xavier Boissarie, concepteur et réalisateur sur Virtools, il intervient dans l'univers des jeux P.C. comme game-designer depuis 12 ans et programmeur depuis 5 ans. Pedro Soler, artiste, programmeur, régisseur numérique, il a exposé dans de nombreux festivals de multimédia à travers le monde. Laurent Ostiz, compositeur, pianiste, réalisateur sonore et informaticien, il travaille depuis 5 ans pricipalement pour le théâtre et la danse contemporaine. Il oriente son travail de recherche sonore sur les traces de la musique concrète, de la musique électronique et acousmatique. Xavier Boyaud, scénographe et éclairagiste, travaille dans le spectacle vivant depuis près de 15 ans. Il a collaboreÌ? avec Serge Valletti, Eva Vallejo, Annie Lucas, Doreen Vasseur. Il réalise des installations ou “sceÌ€nographies acouslumieÌ€res” en collaboration avec le compositeur Laurent Ostiz : objets visuels protéiformes, animeÌ?s de comportements. Les Interprètes : Barbara Caillieu : formée au CNR de Montpellier, elle obtient la médaille d'or en fin de cycle. Elle complètera sa formation au CNSM de Lyon. Magali Robert : formée au CNR de Toulouse, elle obtient la médaille d'or, puis passe le diplôme d'état en danse contemporaine. Laure Myers : après une formation en mime et parallèlement à son activité dans la Cie Marcel Marceau, elle se forme à la danse contemporaine à partir de 1997 auprès de divers pédagogues dont José Caseneuve. En 2002 elle intègre la formation professionnelle du Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse. Depuis, elle a travaillé avec Christian Bourrigault, Mylène Benoit, Gabriel Hernandez. Elle obtient le diplôme d'état d'enseignante en danse contemporaine au Centre National de la Danse de Lyon en 2004 et développe une activité pédagogique parallèlement à son travail d'interprète.

Partenaires

Atelier d'Art 3000 - Le Cube (Issy-les-Moulineaux) [ars]numerica Centre National de la danse, Pantin : accueil studio DICREAM - Aide à la maquette Projet sélectionné dans le cadre des rencontres internationales "Bains numériques # 1" au Centre des Arts d'Enghien. CECN, centre des écritures contemporaines et numériques de Mons Maison Folie de Mons Le studio, Le Manège, Maubeuge

Date de publication : 01/04/2005
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